Journée de partage entre milieux professionnel et éducatif
Ce mardi 1 février 2011, 30 élèves de première agricole travaux paysagers du LEGTA d’Ondes ont été initiés par la FDC 31 et Arbres et Paysages d’Autan à la restauration et l’entretien d’une haie en territoire PROBIOR. Cette sortie s’est déroulée dans le cadre d’un partenariat FDC, APA et LEGTA pour la vulgarisation des bonnes pratiques sur les espaces naturels, où l’APA avait un rôle de conseiller sur l’entretien et la gestion des haies. L’enjeu du Projet PROBIOR est de promouvoir des pratiques visant à augmenter l’attractivité du territoire afin d’encourager le développement de la biodiversité ordinaire.
Après une brève présentation en salle, de leur structure et leur engagement dans les projets de restauration et plantation de haies, Arnaud Gaujard, de la Fédération des Chasseurs de Haute Garonne et Alexandra Désirée, de l’association de planteurs de haies Arbres et Paysages d’Autan, ont emmené les élèves et leurs professeurs devant une haie de 190 mètres.
Il s’agit d’une bande boisée de chênes pubescents, n’ayant jamais été élagués, entourée de deux dépressions linéaires ; la végétation au pied des chênes (ronciers notamment) est gyrobroyée une fois par an. Les prunelliers, sur le côté ouest, gagnent peu à peu du terrain sur le champ annexe. La strate herbacée est peu présente du fait de l’entretien régulier et du développement des arbres qui empêchent la lumière de pénétrer au cœur de la haie.
Sur le terrain, Arnaud Gaujard et Alexandra Désirée ont exposé l’intérêt de conserver et planter des haies champêtres :
- Préservation de l’identité locale et insertion dans le paysage
- Maintien de la biodiversité
- Des végétaux adaptés et économes
- Maintien des utilisations traditionnelles : bois de chauffe…
- Rôle dans la protection des cultures (érosion, dépollution, protection contre le vent…)

Des élèves attentifs aux présentations
De la théorie à la pratique
Il a été demandé aux élèves de réaliser, par groupe, un diagnostic de la haie en vue d’un réaménagement et des différents enjeux :
- pour la FDC, la biodiversité ordinaire
- pour l’APA, l’attrait paysager
- pour l’agriculteur, limiter l’emprise des arbres sur ses champs, obtenir du bois de chauffe et maintenir les chênes auxquels il est attaché.
Alexandra Désirée a conclu la matinée en faisant le bilan des présentations des élèves, en mettant en avant les points forts et en expliquant l’aménagement prévu et le déroulement de l’après midi :
- Recréer l’alignement initial : Débroussaillage du roncier, du prunellier et abattage des chênes situés en dehors
- Elagage des branches basses des chênes pour faciliter le passage du tracteur et éviter l’arrachage des branches lors de ce passage
L’aménagement final aura donc pour but de restaurer et densifier la végétation herbacée et arbustive au cœur de la haie, pour notamment servir de refuge au petit gibier.
Le repas a été l’occasion pour les élèves et les encadrants de se réchauffer dans une salle gracieusement mise à disposition par l’ACCA et la commune de Fronton.
Une belle victoire pour la faune sauvage
Dès leur retour sur le terrain, les lycéens se sont munis avec enthousiasme des outils et ont commencé à travailler sous les regards experts de leurs professeurs et des intervenants. Elagage, débroussaillage, tronçonnage(…), les 30 élèves motivés ont, en deux heures d’entretien, réhabilité 70 mètres de haie.

Avant

Après, la largeur de la haie est passée de 16m à 11,5m au plus large, dont 6 dans la dépression
Devant l’enthousiasme des organisateurs (FDC et APA) et des élèves, une demi-deuxième journée a été programmée pour finir un chantier déjà bien entamé.
L’objectif de vulgariser les bonnes pratiques et de changer les habitudes de travail en milieu naturel était entièrement atteint.
Monsieur Seguier, le propriétaire de la haie et des parcelles adjacentes, venu sur le terrain au cours de la journée, était lui aussi très satisfait du résultat et étonné du travail abattu. En prime il a récupéré un important tas de broyat qu’il pourra épandre dans ses champs. L’agriculteur, qui a toujours connu cette haie, ne souhaite pas forcement remettre en culture les mètres gagnés, « pourquoi ne pas implanter une bande enherbée qui sera certainement très favorable à la petite faune de plaine ?», nous confie-t’il.